• De Ciudad Guatemala à Nebaj (lettre du 17 décembre 2001)

    Nous arrivons à Ciudad Guatemala, deux millions d'habitants dans encore une autre cuvette montagneuse qui déborde. Les quartiers populaires sont construits sur des pentes trop fortes, trop loin des centres de travail... Un tas de sous-emplois pullulent en ville, des chiffonniers, des vendeurs et vendeuses ambulants, des cireurs de chaussures, des laveurs de pare-brises. Des gamins des rues se retrouvent dans les rues plus sombres pour sniffer de la colle. La violence est palpable, comme je l'avais perçu à Bogota. Nous y passons deux jours passablement nerveux.

    C'est dans cette ville que nous avons vues pour la première fois des femmes maya. Elles tiennent plusieurs des stands de fringues dans la 6eme avenue. Elles portent encore leur vêtement traditionnel : un "corte", pièce de tissu attachée autour de la ceinture par une longue ceinture; un "huipil", blouse souvent tissée à la main sur des métiers de ceinture; et une bande de tissu dans les cheveux. Si les formes changent peu entre les différents villages, les couleurs et les matières changent mille fois. Depuis les cortes au fond noirs pleins de motifs complexes en fil gris et argente de Quiche jusqu'au cortes bleu marine à fine rayures bleu pale des femmes de Todos Santos Cuchumatan. Depuis les huipils en tissus modernes blancs avec des fleurs dans la trame rebrodes avec des fleurs en couleurs de Quiche, jusqu'au huipils pleins de motifs abstraits en jaune et vert de Nebaj. Depuis les simples bandeaux de tissus unicolores qui sont tresses avec les cheveux en deux tresses attaches en bas par une boucle de Todos Santos Cuchumatan, jusqu'au bandeau multicolore semblable a une peinture de Sonia Delaunay termine de pompons que les femmes de Aguacatan transforment en couronnes de cheveux et de textile.

    A la sortie de Guatemala Ciudad nous nous faisons de nouveau arnaquer, tout va trop vite et je ne fais pas assez gaffe. Nous nous retrouvons dans un bus qui ne va pas où nous voulons aller et nous avons payé bien trop d'argent. Quand nous nous rendons compte du micmac nous sommes déjà sur la route. Peu importe, finalement, le bus va à Santa Cruz del Quiche, nous voulions y aller à un moment ou à un autre. Peu importe, deux femmes mayas nous aident à récupérer une partie de l'argent escroqué auprès de l'ayudante du bus. J'espère être plus malin la prochaine fois...

    Quiche, Nebaj, Chajul, nous rentrons dans les hauts plateaux, nous quittons les routes goudronnées, il arrive même que nous voyagions à l'arrière de pick-up entre sacs et poussière.

    A chaque fois nous traversons de magnifiques paysages, montagnes couvertes de pins, champs de mais prêts à être récoltés, maisons disséminées sur les pentes et les sommets des collines, le paysage est surprenament peuplé. Les maisons ont souvent un toit en tuiles et se situent par groupe de deux, trois ou quatre autour de places, comme les ruines des maisons de la noblesse maya classique que nous avons vues à Las Sepulturas au Honduras.

    Dans les villes et villages toujours une belle église blanche fait face à la place (celle de Nebaj est remplie de saints en bois devant les quels quelques fleurs ou des bougies font figure d'offrandes, celle de Chajul a une belle porte sculpte d'animaux stylisés comme ceux que les femmes Ixil portent sur leur huipil). Les marchés envahissent ces places et les rues adjacentes au moins une fois par semaine, sans doute de la même manière presque depuis des centaines d'années. Sous les auvents des maisons des femmes tissent souvent sur leur métiers à ceinture, on sent une activité fébrile sur le haut plateau, comme s'il fallait rattraper le temps tué et la peur des années de Guerre.

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