• Démêler les sources de Santa Rita : Siuna et son maire


    Trois sources devaient produire l'eau de Santa Rita. Mais le
    vieux propriétaire d'une des sources refuse de la vendre, ou bien à prix
    ridiculement élevé. Il est tellement parano le vieux que (paraît-il, je n'étais
    pas là) lors de la dernière visite aux sources de notre équipe il est venu
    accompagné d'un garde du corps armé d'une Kalach. Il faut dire que peu après
    les flics nous ont proposé, si ça pouvait aider, de foutre le vieux en tôle :
    nous avons gentiment refusé leur offre.

    Nous sommes allés à Siuna pour essayer de faire peser le
    maire sur ce vieux. Le maire est gros monsieur d'ascendance
    chinoise (Rufino Chow). En passant, c'est l'une des caractéristiques peu
    remarquées de l'Amérique Latine - le degré d'intégration des immigrés - où en
    France trouverait-on un fils d'immigrés chinois maire, un fils d'immigrés
    arabes ou un indien Zapotèque présidents... Bref, le ventre du maire se battait
    avec sa chemise, la chemise a eu le dessus cette fois, la prochaine fois, le
    ventre se délivrera peut être. Un vieil homme presque endormi qui ne nous
    aidera pas beaucoup.

    Sa ville est un vrai bordel urbanistique. Au centre d'une
    partie de la ville trône la ruine rouillé mais non pillée d'une mine d'or.
    C'était une propriété Canadienne, elle fût soumise à l'impôt révolutionnaire
    pendant l'épopée de Sandino. Plus tard elle fût abandonnée... Les bâtiments rouillés, les
    machines cassées, le bois pourri, tout cela prolifère entre les mauvaises
    herbes là où ailleurs il y aurait eu une cathédrale, une place, un centre
    commercial (!)... L'ancienne lagune où le minerait était lavé reste comme lac
    artificiel, ses pentes couvertes de graffitis politiques. C'est du pur réalisme
    magique : un tas de ferraille comme monument symbole d'une ville. Les
    maisons sont éparpillées n'importe comment, l'architecture est un joyeux
    mélange des Caraïbes et du Pacifique. Au centre de l'autre partie de la ville
    une piste mal équarrie sert aux avionnettes qui vont et viennent de Managua.

    Depuis le porche de l'église Morave du lieu le paysage est
    une succession de collines verdoyantes d'ou émergent des toits en zinc
    nombreux. Le monstre loge au centre de ces collines, se toits, gris hier, sont
    rouges de rouille et pleins de trous aujourd'hui.

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