• Une ces maisons préfabriqués - je n'avais pas pu bien la cadrer dans le billet précédent...


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  • A chaque fois que je vais à Toamasina, comme la semaine dernière, je suis étonné par les ateliers de « préfabriqué » qui longent le bazar be, que l'on trouve du côté de la minoterie ou encore ailleurs. Un morceau de terrain où s'activent divers types, dans un coin peut-être un tas de gros bambous encore verts, dans un autre, ou alors sur les bords de l'atelier, le produit fini. Quelques uns des types usent de la machette pour découper des lamelles de bambou, les autres les tissent, d'autres encore peuvent découper dans certaines de ces nattes le triangle sur lequel viendra se poser un toit.

    Car il s'agit d'ateliers qui préfabriquent les murs des maisons parmi les plus simples de la zone. On en voit parfois en ville, roulés, posés sur une « calèche » (construite avec des pneus de voiture récupérés que l'on pousse ici et là et qui est le véhicule utilitaire le moins cher de l'Est) en route vers le chantier où une petite maison se construit. Ce sera une battisse sur pilotis d'une dizaine de mètres carrés, des poteaux en bois soutenant un toit en feuille de ravinala et les murs : ces nattes de bambou...

    Une solution élégante et « autochtone » au problème de l'accès au logement, des maisons à trois sous qui tomberont peut-être au premier cyclone mais qui seront si aisément remises sur pied !


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  • Hier en rentrant chez moi le soir tombé je descendais la rue pavée qui mène à ma maison de poupées quand j'ai croisé trois ou quatre jeunes qui avançaient vers moi dans la pénombre, l'un d'entre eux tenait une guitare et il la jouait en marchant, ses amis chantonnant. Mon amie a ri et s'est exclamé que c'était étrange...

    C'est alors que je me suis rendu compte à quel point cette scène si commune à Tana ne m'étonnais plus.

    C'est vrai qu'assez souvent on les croise dans les quartiers ces grateux. Un type alignant les accords sur sa guitare à quatre-sous dans la lumière d'un lampadaire, ses potes l'entourent et ils chantent des chansons dont je ne comprends pas les mots. Malgré les dégaines de rappeur, les casquettes et les t-shirts de sports américains, ce seront finalement des airs du « folk » malgache - à la Mahaleo - qu'ils joueront....

    Et sur la photo quelques gars à l'ombre d'un des grands arbres d'Ambohidratrimo se partagent la guitare et ses airs comme ils se partagent sans doute aussi les bouteilles de THB !

     


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  • Il paraît que c'est le mercredi. En tout cas chaque mercredi que je prends la route d'Antsirabe je les croise en chemin - les bouviers. C'est sans doute lié à un marché tananarivien, ou aux besoins hebdomadaires des abattoirs de la capitale. Il s'agit sans doute d'arriver le mercredi soir ou le jeudi matin pour vendre les bêtes.

    En tout cas, ils sont là, sur la RN7, deux ou trois types, une trentaine de zébus et un peu plus loin de nouveau la même scène, une scène que l'on croise une dizaine de fois. Les bouviers portent de vieux habits, qui un short de footballeur, qui un t-shirt délavé, qui des tongs, qui pieds nus. Ils vont une branche à la main, ils marchent, ils courent et leurs pieds claquent sur le goudron, ils sifflent, ils font rentrer un taureau, une vache, un veau dans le rang - ce n'est pas aisé et le bétail divague. Ils vont un bout de corde autour du torse, peut être un petit baluchon, bob ou casquette sur le crâne. Quand il pleut un bout de plastique noué autour du cou protège mal contre la pluie.

    On ralentit, on s'arrête, on passe lentement tel groupe et on recommence arrivés à auteur du groupe suivant.

    Sans doute font ils route depuis quelques jours. Le bétail vient du moyen ouest ou de l'Isalo, des pays bara ou sakalava. De ces collines nues, verdoyantes en cette saison, de ce middle west malgache ou l'élevage est extensif. Ils doivent faire quelques haltes sur leur route, des bivouacs pauvres, le riz cuisant dans sa marmite en alu sur un feu de bois.

    Et à les passer chaque fois le mercredi mon esprit se prend à nomadiser - je m'imagine faire un bout de ce chemin, à accompagner les bouviers sur la route d'Antananarivo.

     


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  • La crise continue et on se lasse de suivre les informations, les rebondissements, les retournements constants de la situation.

    Alors on essaye de se bricoler une vie normale entre les vagues.

    Voilà que je me lance dans l'exploration des douze collines sacrées de l'Imerina, ces chefs-lieux de petits royaumes que selon la légende Andrianampoinimerina a unifiés au 18e siècle. Douze collines dont la liste définitive ne semble pas établie, douze (et pourquoi douze ? Ce chiffre est un peu trop spécial pour être honnête !) collines disposées autour de la grande et riche plaine rizicole d'Antananarivo.

    Certaines sont très connues et souvent visitées comme celle au centre de cette ville - la colline d'Analamanaga, ou comme le palais d'été de la Reine à Ambohimanga, d'autres le sont moins, entre elles celles au pédigrée douteux - contesté...

    Je suis allé il y a deux semaines visiter le rova à Ambohidratrimo (c'est sur la route de Mahajanga juste après le rond point de Talatamaty). C'est une colline boisée qui se dresse aux bords d'une étendue marécageuse. J'y suis allé attiré par la mention d'une pierre femelle encore vénérée...

    La route qui y mène entoure la colline en la grimpant, elle rétrécit et son goudron vieillit au fur et à mesure qu'on approche du sommet. Le voici, une aire plate, bordée d'arbres, de jeunes couples, trois tombes surmontées de leurs chambres froides, marque de noblesse. Je ne vois nulle pierre femelle, je tourne autour de ce sommet, ici un couple est assis, elle la tête sur ses genoux à lui - il lui caresse le ventre amoureusement, là un autre regarde le paysage, la ville au loin entre les rizières et là-bas un groupe de jeunes joue de la guitare. Il y aussi un photographe, une guide, quelques vieux jouant au fanorona...

    A mon deuxième passage, après avoir regardé de loin dans les chambres froides (elles contiennent toutes trois des autels, lieux de sacrifices aux ancêtres ici présents) un des vieux arrête son jeu pour me demander si j'ai besoin d'un guide... Et soudain je la vois, elle est petite, sous la ligne de mon regard, au bord de la fondation d'une construction disparue - comme en faisant partie. La pierre femelle : un rectangle de granite d'un peu moins d'un mètre de haut avec deux seins saillants. La fente immédiatement à sa gauche est comme enduite, sans doute des offrandes de miel ou autres libations. La pierre a réputation de guérir de la stérilité...

    Et alors que je la regarde un groupe de jeunes filles s'approche, certaines se tiennent par la main elles causent entre elles à voix basse, des filles au tout début de la puberté qui s'arrêtent un instant et regardent la pierre femelle elles aussi, comme s'interrogeant, cherchant peut-être à percer le mystère qu'elle renferme - mystère qui est aussi le leur.



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