• Retour des îles du Maïs (15 novembre 2001)

    Tout d'abord un rectificatif, je suis allé au Centre de documentation sur la Cote Atlantique creuser un peu le voyage des Garifuna jusqu'ici. Bien que leur fuite du Honduras vers le Belize a eu lieu dans les années 1830, l'arrivée de ce peuple au Nicaragua est plutôt due à une migration économique vers 1880 (dans des Kyat boat malgré tout, petits voiliers en bois avec une grande voile trapézoïdale). Toute la population Garifuna du Nica descend de 16 familles installées sur des terres données par le Roi Miskito a cette époque.

    Nous sommes donc partis de Bluefields dans un petit bimoteur. Le temps était maussade, malgré cela de l'hublot nous avons vu passer la bande de mangrove qui sépare la baie de Bluefields de la mer et au-delà, d'un bleu variable, la mer des caraïbes et une immense plage vide s'étirant du nord au sud. Corn Island à l'arrivé semble une petite île couverte de jungle, puis on distingue des maisons parsemées, deux petits ports et la piste d'atterrissage qui couvre un tiers de la longueur du lieu.

    L'ouragan Michelle a laissée une onde tropicale sur toute la région. Dans la RAAN (région autonome de l'Atlantique nord) les dégâts sont grands, Puerto Cabezas est inondé, l'aide alimentaire y est emmenée par avion. Ici dans la RAAS, la pluie n'a pas la même intensité, mais elle ne s'arrête guère plus longtemps que deux heures.

    Nous avons donc passés cinq jours Bretons, nous baladant sous les nuages, sur la plage, cherchant coquillages, graines étranges et bouts de corail. Parfois quand le temps s'améliore, la beauté de la mer est époustouflante : taches de bleu turquoise virant de plus en plus sombre vers l'horizon.

    Mais ce n'est pas la Bretagne, les cocotiers et les oiseaux marins qui suivent de vieux bateaux de pêche nous le rappellent. Les tortues vertes qui attendent d'être charcutées les quatre palmes en l'air (ainsi elles se conservent longtemps sans réfrigération...) dans l'étal en zinc rouillé d'un boucher de bord de plage aurait peut être préféré que cela soit la Bretagne. Enfin, tant que la viande de poulet ne sera pas moins chère que celle de tortue, les tortues seront mangées.

    Corn Island change, futur paradis tropical, des investisseurs étrangers y ont mis leur oeil. Un des hôtels les plus chers de l'île est tenu par un étrange québécois ex-routard. Une allemande et son mari guatémaltèque louent une maison meublée aux touristes, ont un magasin de plongée et un d'artisanat (guatémaltèque). Un gars des US a investi 100 000 dollars en une école de plongée dernier cri sur Little Corn Island, les clients pouvant y arriver sans voire autre chose du Nicaragua que l'aéroport de Managua...

    Mais l'île ne vit pas encore du tourisme, c'est encore un port de pécheurs, un lieu cosmopolite, un repère de pirates, de bandits, de contrebandiers (la Colombie n'est pas loin, 100 Km au plus, sur les îles San Andres et Providence). Il y a des bordels et des drogués, le crack, déchet de la "bonne" cocaïne qui part vers les US, fait des ravages chez les jeunes. L'un d'entre eux, petit gars maigrichon habillé en vert nous suit pendant notre séjour, me fixant de ses yeux de vides.

    Le temps ne s'améliorant pas nous avons quitté Corn Island sans même passer par Little Corn Island et son récif corallien, nous en verrons un peut être au Belize ou au Honduras. Nous sommes arrivés ici hier dans un avion encore plus petit que celui que nous avions pris pour y aller. Un beau voyage un peu secoué sur un bout de caraïbes.



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