• Tendegsemie (Mauritanie, septembre 2006)


    La dernière étape de ce voyage par livre interposé se déroule au lieu dit de Tendegsemie dans le Trarza. C'est là que la famille d'un ami mauritanien s'est établie et c'est là qu'il vient passer ses longs week-ends, loin de la ville bordélique et poussiéreuse qu'est Nouakchott. Cela faisait huit ans que je ne l'avais pas vu et nous voilà invités à passer une nuit avec sa famille dans la badiya (la « campagne »).

    Le Trarza est strié de dunes presque fossiles qui dans ce coin forment des séries de vallées et de crêtes parallèles. Nous sommes en saison des pluies et les creux sont relativement verdoyants, parsemés d'acacias et d'autres plantes résistant au climat aride de ces parages.

    A Tendegsemie quelques bâtiments épars dans la vallée, un puits ou deux, une école, une mosquée. Sur la crête s'est établie la famille de mon ami, une famille de la noblesse lettrée du Trarza. Il y a là un bâtiment en dur d'un seul étage qui n'a pas plus de trois pièces et quelques khaima, ces tentes en poil de chèvre ou de chameau typiques des maures. Un grand tapis en fibre de plastique a été sorti devant la maison et de boisons nous attendent.

    Une fois installé je parle à Mohammed de mon livre, je lui montre. Après l'avoir feuilleté, intéressé, il me dit que son père a été directeur des Archives du pays avant de prendre sa retraite et que si je le souhaite nous pouvons le rencontrer.

    Il est là sous une des khaima, entouré de quelques uns de ses élèves, car c'est un homme réputé pour ses connaissances religieuses, ces enfants viennent de loin pour apprendre ici le Coran. Il est assis en tailleur sur des tapis, enturbanné, barbe grise, lunettes a grosse monture, il se dégage de lui un sentiment d'austérité bienveillante : comme si j'entrais dans un cliché de cet Orient du Sud qui faisait rêver les romantiques français...

    Il feuillette le livre, en lit des passages, me précise la diversité du contenu des chapitres, qui vont de la manière convenable de mener un divorce jusqu'à comment mener une course de chevaux licite. Il me montre le système de pagination du livre : en pied de chaque page le premier mot de la page suivante est inscrit. Il me confirme que l'écriture est maghrébine, même saharienne. A regarder le colophon de près il y trouve le nom du copiste : Mohammed Ibn Abibakar...

    Puis il s'excuse en me disant qu'il pourrait sans doute m'en dire plus si je restait plus longtemps dans le pays, or je le quitte le lendemain !



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