C'est une marée de bétail qui vient s'abreuver au Ngalenka, un mur de vaches aux longues cornes, elles s'arrêtent un instant, puis s'avancent vers l'eau boueuse. A voire ces têtes montées de cornes démesurées ont comprends la démarche hésitante des ruminants, leur dodelinement du chef : ces belles cornes sont lourdes à porter.
Le piétinement des bêtes lève la poussière, la saison est sèche.
Elles arrivent à l'eau, les pattes dans la rivière, les museaux se baissent et elles boivent. Comme dispersés dans cette mêlée : une troïka d'ânes attelés à leur charrette, paisibles dans l'eau pendant qu'une jeune femme remplit la chambre à air de camion posée sur la plate-forme ; deux jeunes hommes en train de laver un cheval ; la corde tendu d'un bac à bras, traversant lentement le défluent et quelques femmes en train laver leur linge.
Quelque chose comme une journée ordinaire à Thiangaye.