Les bouddhas ont pendant longtemps veillé sur cette vallée - ruban fertile dans un paysage de pierre et de poussière.
La falaise qui borde son flanc nord est percée d'alvéoles innombrables, des cellules de moines disparus il y a des lustres. Les bouddhas avaient survécu, jetant un regard paisible depuis leurs larges niches sur les champs de blé, les rangées de bouleaux et les quelques maisons en pisé s'étendant à leurs pieds.
Les niches sont aujourd'hui vides... La guerre, l'iconoclasme imbécile, la revanche symbolique sur ces gens peu enclins au talibanisme et voilà ces enveloppes de caillou mises à terre.
Mais...
Dans chaque niche, les bouddhas ont laissé leur ombre, sans doute un changement de la rugosité du fond de l'alvéole jouant sur la lumière - qu'importe - c'est comme si le fantôme de chaque statue était resté présent dans cette vallée pour veiller encore longtemps sur la destinée de ses habitants.